Les problèmes sexuels chez l’homme.
Quand parle-t-on de micropénis ? Peut-on remédier à cette condition ?
Un micropénis est une verge dont la taille est inférieure à la normale. La taille normale du pénis peut être source d’angoisse pour de nombreux hommes, mais la plupart des patients qui pensent avoir un micropénis se situent en fait dans la norme. Il est important de savoir ce qu’est cette « norme » exactement et quand il faut s’inquiéter de la taille du pénis. Des experts répondent à ces questions et donnent des éclairages sur les conséquences physiques ou psychologiques d’un micropénis, ainsi que sur les solutions disponibles et le moment approprié pour envisager une opération.
Définition : qu’appelle-t-on un micropénis ?
La taille du pénis est une préoccupation courante pour de nombreux hommes, en particulier lorsqu’ils le trouvent trop petit. Mais trop petit par rapport à quoi, à qui ? Dans la Grèce antique, avoir un petit sexe était associé à l’intelligence, mais avec le temps et l’influence de la pornographie, l’idée qu’un gros sexe est plus viril s’est répandue. Le Dr Faix souligne que le point de référence est important pour accompagner correctement le patient.
Quelle est la taille de la verge au repos ou en érection ? Peut-on parler de « norme » ?
La taille moyenne des pénis en France est d’environ 9 à 10 centimètres au repos et de 13 à 14 centimètres en érection. Un micropénis est défini comme mesurant moins de 4 centimètres au repos et moins de 7 centimètres en érection, selon les critères médicaux. Des indicateurs précisent également qu’un nouveau-né ayant un pénis mesurant moins de 2 cm, un enfant de 11 ans avec moins de 4 cm, ou un adulte avec moins de 7 cm sont considérés comme ayant un micropénis.
Diagnostic chez l’enfant ou l’adulte : comment savoir si on a vraiment une petite verge ?
La longueur du pénis est mesurée sur la face dorsale du pénis, depuis la symphyse pubienne jusqu’au bout du gland et cela à trois stades : pénis flaccide (au repos), pénis en extension maximale (en traction) et pénis en érection. La circonférence se mesure à mi-distance entre la jonction pubienne et la base du gland. Le morphotype (taille, poids), l’indice de masse corporelle (graisse au niveau du pubis) et les antécédents (circoncision) sont d’autres critères à prendre en compte pour qualifier la dimension du pénis. « On examine aussi les testicules et on vérifie que le patient n’a pas de problème génétique ou hormonal », précise le Dr Faix. À noter : les données concernant le(s) partenaire(s) sexuel(s), comme la taille du vagin, peuvent également influencer positivement ou négativement, la perception du pénis du patient.
Gare aux auto-évaluations erronées !
La plupart des hommes qui pensent avoir un micropénis n’en ont pas réellement. Leur taille se situe dans la moyenne, voire dans la partie basse de la moyenne, mais ils la perçoivent incorrectement. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette perception erronée : le syndrome du vestiaire, des commentaires désobligeants ou des difficultés dans leur vie sexuelle, la comparaison avec des acteurs pornographiques ou d’autres partenaires masculins, etc. Il est bon de savoir que les médecins parlent parfois de « faux micropénis » lorsque la verge est en réalité de taille normale, mais enfouie sous une couche de graisse due au surpoids ou à l’obésité.
Assurer un meilleur suivi des bébés, des enfants et des adolescents
Le Dr Faix regrette qu’il n’existe actuellement aucun examen de mesure pour vérifier le bon fonctionnement de l’appareil sexuel des petits garçons, contrairement aux petites filles qui sont suivies médicalement à la puberté avec l’apparition des règles. Le carnet de santé ne prévoit pas encore le recueil de données sur la mesure du pénis du bébé, notamment à la naissance. Cette mesure permettrait de mieux suivre la croissance sexuelle des jeunes hommes en devenir et, dans certains cas, d’administrer des hormones entre 11 et 14 ans, selon le praticien.
Causes : pourquoi j’ai un petit pénis ?
Pour les hommes qui ont un pénis vraiment en dessous de la taille moyenne (moins de 7 cm), les causes peuvent être : une malformation du canal urinaire identifiée pendant l’enfance ; une anomalie génétique ; une anomalie hormonale ; etc. Un micropénis peut aussi être une conséquence d’une maladie associée. Dans de nombreux cas, les causes de cette condition restent inconnues.
Qui sont les hommes à risque ?
Les personnes atteintes de certaines anomalies génétiques, comme le syndrome de Klinefelter, ont plus de risques d’avoir un micropénis. De même, les personnes souffrant d’autres anomalies génitales, comme la cryptorchidie, sont peut-être légèrement plus susceptibles d’avoir un micropénis.
Dépression, impuissance… Quelles conséquences pour les hommes ?
Le Dr Didier Legeais insiste sur le fait que la taille du pénis ne détermine pas la satisfaction sexuelle, et qu’il est tout à fait possible d’avoir une vie sexuelle épanouie, une relation de couple solide et des enfants avec un micropénis. Une étude de 2002 a indiqué que les femmes accordaient plus d’importance à la largeur qu’à la longueur du pénis de leur partenaire, voire se fichaient totalement de sa taille. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un grand pénis pour procurer ou ressentir du plaisir lors des rapports sexuels, qui ne se limitent pas à la pénétration. Les préliminaires, le sexe oral et les sextoys offrent également des sources de plaisir sans avoir besoin de critères spécifiques.
Les micropénis peuvent-ils avoir un impact sur l’impuissance et la fertilité ?
Le micropénis n’est pas nécessairement associé à l’impuissance sexuelle du point de vue médical, mais il peut causer des blocages psychologiques, de la frustration et un sentiment d’impuissance sexuelle. Cela peut entraîner des conséquences telles que des complexes, une perte de confiance en soi, un isolement social, voire même une dépression et des idées noires. Selon le Dr Faix, ces éléments doivent être pris au sérieux et peuvent nécessiter l’aide d’un psychologue ou d’un sexologue. En ce qui concerne la fertilité, l’Association Française d’Urologie reconnaît que le micropénis peut réduire la capacité de fécondation. Cependant, cela n’affecte pas potentiellement la fertilité en termes de nombre ou qualité des spermatozoïdes.
Traitements et opérations : quelles solutions quand on a un sexe plus petit que la moyenne ?
Le micropénis est un motif fréquent de consultation en urologie, mais il ne touche que 3 % de la population masculine. Il existe plusieurs solutions non-chirurgicales et chirurgicales pour traiter ce problème.
Les hormones sont-elles efficaces ?
La prise d’hormones peut être recommandée aux jeunes garçons ou adolescents qui ont un petit pénis. Cela se fait lorsqu’on remarque que le pénis n’est pas suffisamment développé. Les injections de testostérone prescrites par l’endocrinologue-pédiatre peuvent augmenter la taille du pénis pendant sa phase de croissance. Cependant, ce traitement ne doit être administré qu’après un examen complet pour déterminer les causes du micropénis. Si le micropénis est dû à une insensibilité des tissus de la verge à la testostérone, le traitement hormonal ne sera pas efficace. Il est crucial de détecter le micropénis dès que possible afin de démarrer rapidement le traitement et ainsi maximiser les chances d’augmenter la taille du pénis. Après la puberté, le traitement hormonal ne fonctionne plus car les tissus ne réagissent plus de la même manière.
Quid des gels supposés agrandir le pénis ?
De nombreux gels vantés sur internet promettent d’allonger la taille du pénis. Appliqués localement, ils présentent plus de risques que de bienfaits. « Il n’existe pas de gels ‘magiques’, alerte le chirurgien-urologue. En réalité, ces produits provoquent une réaction inflammatoire de courte durée : la verge grossit légèrement, ce qui satisfait le patient, mais le résultat ne dure pas. Sans compter les éventuelles démangeaisons et autres désagréments.
Micropénis : que valent les traitements non chirurgicaux ?
L’extenseur pénien est une méthode manuelle visant à allonger le pénis en exerçant une pression dessus. Il peut apporter un gain de 1 à 2 cm à la taille du pénis au repos. Le vacuum, également appelé pompe à vide, fait partie des options de traitement pour la dysfonction érectile et peut être utilisé. Son efficacité contre la fibrose a été prouvée, mais aucun effet n’a encore été démontré sur un pénis sain. Son taux de réussite est estimé à 90 % (source 3). D’autres techniques populaires sur internet incluent le Jelqing (tractions sur le pénis en semi-érection) et le Hanging (suspension d’un poids au pénis), cependant leur efficacité n’a pas été prouvée scientifiquement. Ces deux dernières méthodes comportent des risques théoriques tels que la maladie de Lapeyronie (déformation de la verge en érection) ou l’hyposensibilité du gland (étirement, neurapraxie).
Opération : bien définir ses attentes
La chirurgie pour le micropénis n’est pas couverte par la Sécurité sociale sauf dans certains cas spécifiques. Avant de recourir à la chirurgie, il est important que le praticien discute en détail avec son patient pour comprendre ses besoins et les options thérapeutiques disponibles.
Traitements chirurgicaux : quand peut-on envisager une opération ?
Chaque opération peut avoir des conséquences irréversibles qui, dans certains cas, peuvent s’avérer traumatisantes si l’aspect psychologique n’est pas pris en compte. Le Dr Antoine Faix préconise un temps de réflexion du patient de 3 à 6 mois entre le premier rendez-vous et le début de la prise en charge :C’est une chirurgie ingrate, j’en réalise seulement 30 par an et n’accepte d’opérer qu’un patient sur 5 ou 10 en moyenne.Le praticien ne passe d’ailleurs jamais à l’acte chirurgical sans avoir réalisé, au préalable, une évaluation psychologique du patient. Comme indiqué précédemment, il prend soin de sonder la nature de la gêne occasionnée (sexuelle ou esthétique), afin de pouvoir y apporter des solutions adaptées, sans désillusionner le patient.Parmi les chirurgies envisageables : la pénoplastie médicale d’allongement par section du ligament suspenseur de la verge : le gain moyen constaté est de 2,7 cm.l’élargissement pénoplastie par injection graisse autologue ou d’acide hyaluronique : une technique médicale pratiquée, mais qui demeure encore au stade expérimental, classée hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).dans certains cas extrêmes, les équipes médicales peuvent proposer une phalloplastie (une intervention chirurgicale qui vise à construire ou à reconstruire intégralement un phallus, généralement dans le cadre d’une opération de changement de sexe).Avant de se lancer dans tel ou tel traitement, il est vivement recommandé de consulter un médecin spécialisé qui prendra en compte l’état psychologique de chacun. Et Antoine Faix conclut: « Il est important rappeler que la chirurgie dédiée au micropénis n’est pas encore au top: nous sommes limités par l’anatomie et la fonctionnalité du canal urinaire notamment ce qui peut aussi compliquer les suites postopératoires.
